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Résumé :
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La République, d'abord objet de conflits passionnés, finit par être acceptée par tous en pratique, sans que le conflit sur sa philosophie implicite disparaisse vraiment. Cette querelle sur le régime interfère avec les problèmes classiques des démocraties et leur confère un surcroît bien français d'âpreté et de complication. A quoi s'ajoute l'épreuve surhumaine de la Grande Guerre, qui va au cœur de la réflexion sur le sentiment national. La force du patriotisme français a permis de gagner en 1918, mais l'horreur de la guerre n'a-t-elle pas, en retour, et pour la suite, compromis un certain patriotisme et, au-delà, la confiance de la nation en elle-même ? On ne peut pas échapper à cette pénible question. Sur la jaquette du volume, le général de Gaulle : entre 1880 et 1980, dates rondes, quel autre homme politique français eut une présence aussi longue et aussi efficace dans ses accomplissements ? Quant à cette confrontation entre l'image de de Gaulle et l'idée de République (cette idée qu'on lui a opposée hier, et que ses héritiers revendiquent aujourd'hui), elle forme précisément l'un des thèmes du présent récit.
Maurice Agulhon
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